L’histoire des thermes

Si on en croit les anciens, des Thermes auraient été construits sous l’occupation du Vivarais actuel par le Consul Domitius en 121 avant J.-C. Mais on ne peut dire si ces thermes avaient été construits dans le but d’une bonne hygiène de la garnison ou si les Romains avaient découvert les propriétés des eaux de Neyrac.

En 1260, Saint Louis fait édifier à Ax-les-Thermes un bassin spécial où sont soignés les « ladres », c’est-à-dire ses soldats frappés par la peste pendant son expédition en Terre sainte en 1252.

Les eaux de Neyrac ont aussi la réputation de soulager des conséquences de la « lèpre » (au sens ancien du terme, beaucoup plus large qu’aujourd’hui). On construit une piscine en bois de châtaignier (découverte en 1941) et une maladrerie. La tradition rapporte qu’après le bain les lépreux se séchaient au soleil sur un rocher appellé : « le banc des ladres ».

Un acté notarié mentionne la vente des bains et eaux de Neyrac en 1340. Au XVème siècle les malades se pressent à Saint-Georges-les-Bains puis à la fin du XVIème siècle ils découvrent Vals-les-eaux avec Claude Expilly président du Parlement de Grenoble, atteint de la maladie de la pierre.

La maladrerie de Neyrac sera détruite pendant les guerres de Religion (XVIème et début XVIIème) et les eaux de Neyrac tomberont dans l’oubli. Mais avant cela le Thermalisme en général aura son heure de gloire lorsque Marguerite de Navarre, si contente de son séjour à Cauterets, y enverra sa fille, Jeanne d’Albret, soupçonnée d’être stérile. Coïncidence ou heureux effet des eaux pyrénéennes, quelques mois après sa cure, Jeanne d’Albret donnera naissance, le 13 décembre 1553, à un gros bébé, le futur Henri IV ! Celui-ci s’en souviendra plus tard et créera la surintendance générale des bains et fontaines du royaume. Comme les fontaines « minérales » constituent un moyen de « rétablissement et compensation de la santé des peuples du royaume » le surintendant sera « avisé » de la découverte de fontaines « utiles à la commodité et au soulagement de ceux qui y cherchent guérison ». Le surintendant sera aidé dans cette mission par des intendants qui « visiteront les fontaines minérales […], rechercheront les diverses propriétés de celles-ci ». Celles-les-Bains sera découverte au XVIIème siècle.

De la fin du XVIIème siècle jusqu’à 1775, les eaux de Neyrac connaissent une popularité régionale. Le catalogue Carrère (catalogue raisonné des eaux minérales) publié en 1785, sous les auspices de la Société Royale de Médecine, mentionne les eaux minérales chaudes de Neyrac.

Aux états du Languedoc du 21 décembre 1769 l’établissement de la grande route Rhône-Auvergne par le col de la Chavade (actuelle RN 102) est décidé ; l’une des raisons l’ayant amené est que « la santé publique y est intéressée puisque les malades pourront se rendre de toutes les parties de la province à Neyrac en Vivarais dont les eaux font des miracles ». Ensuite, jusqu’à la Révolution, on ne vient plus à Neyrac qu’en curieux pour voir la Mofette où se dégage du gaz carbonique, et l’on vient de loin pour voir l’effet asphyxiant du gaz sur les poules et les chats. On se contente de boire l’eau comme un médicament.